Une richesse du Cambodge, la pêche et les poissons
RÉSUMÉ DU LIVRE
Le Cambodge est présenté comme un vaste vivier naturel grâce à l’abondance de ses eaux intérieures, dominées par le Mékong, le Tonlé-Sap et les Grands Lacs. L’inondation annuelle, provoquée par la montée des eaux à la saison des pluies, constitue le principe fondamental de cette richesse : elle submerge plaines et forêts, favorise les migrations et la reproduction des poissons, puis laisse place à la décrue, période propice à la pêche. Le Mékong, en se divisant près de Phnompenh et en communiquant avec le Tonlé-Sap, structure à la fois l’équilibre écologique et la vie économique du pays, transformant les crues en une véritable fortune nationale comparable à celle du Nil.
La pêche nourrit l’essentiel de la population et soutient un important commerce, fondé principalement sur la transformation du poisson en produits secs, salés, fumés, fermentés ou en huiles et saumures. Certaines espèces, comme le Tréy-Pra, le Tréy-Réach ou les Ophicéphalidés et Cyprinidés, jouent un rôle central dans la salaison et l’exportation, tandis que d’autres sont utilisées pour la consommation locale ou des usages spécifiques. Cette activité repose sur une organisation précise des techniques, distinguant la petite pêche, familiale et locale, utilisant des engins simples, et la grande pêche, structurée autour d’installations importantes sur les fleuves et les lacs, donnant naissance à de véritables établissements de production et de transformation.
La réglementation de la pêche est longtemps restée peu contraignante afin de ne pas porter atteinte à une ressource vitale pour la population. Sous l’ancien régime, la ferme générale des pêcheries confiait l’exploitation des eaux à des fermiers intermédiaires, source d’abus et d’exploitation des pêcheurs. En 1908, la suppression de ce système et la mise en place d’un nouveau régime fondé sur des concessions contrôlées et une pêche libre soumise à des taxes sur les engins instaurent une organisation plus équitable. Cette réforme renforce les droits des habitants, améliore les recettes de l’État et marque le passage à une gestion plus moderne et plus équilibrée des ressources halieutiques du Cambodge.