Nous, à qui rien n'appartient
RÉSUMÉ DU LIVRE
Résumé du livre Nous, à qui rien n’appartient
Le narrateur, un voyageur européen, entreprend en 1930 une quête spirituelle à travers l’Asie du Sud-Est, de Port-Saïd à Colombo, explorant l’opposition entre l’âme mystique asiatique et la modernité coloniale européenne. Dès son départ, il est fasciné par l’Orient, un monde de dieux et de chimères, contrastant avec l’inquiétude matérialiste de l’Occident. À Saïgon, il découvre une ville coloniale vibrant de rêves d’opulence, tandis que Pnom-Penh, bouton frais du vieux jardin khmer, révèle une Asie en transition, menacée par le commerce. Angkor, avec ses temples majestueux comme le Bayon et ses bas-reliefs d’apsaras, incarne une spiritualité intemporelle, où le bouddhisme prône détachement et non-violence. Le narrateur y ressent la grandeur d’une civilisation disparue, confrontée à l’invasion de la jungle et à l’oubli.
À Bangkok, il rencontre Fletcher, un Européen tourmenté par la mort mystérieuse de Dagmar, sa compagne, révélée plus tard comme liée à Anne. La capitale siamoise, loin de l’image romantique de « Venise de l’Asie », est un chaos de klongs et de marchés, où le roi Prajadhipok règne en maître absolu. La musique siamoise, jouée dans la salle royale, exprime une tristesse noble à travers xylophones et gongs, tandis que le théâtre du Prince Khâwi illustre un art du corps, ancré dans les Jâtakas. Fletcher, obsédé par Dagmar, rejette l’âme des objets asiatiques et dévoile sa douleur dans un bungalow vide, symbole de son deuil. La tension coloniale s’intensifie avec des nouvelles de révoltes et la mort de la princesse Mano, présage funeste.
En Malaisie, à Penang, l’ordre britannique impose gares fleuries et plantations d’hévéas, mais l’islam et la Chine commerçante éclipsent le bouddhisme. Gandhi, évoqué dans les journaux, incarne une révolte spirituelle contre le machinisme occidental. À Singapour, fondée par Stamford Raffles, le narrateur observe une « fausse-Chine » de coolies et de millionnaires, où l’opulence coloniale coexiste avec l’indolence asiatique. Le sport, passion anglaise, contraste avec le jeu asiatique. Sur le paquebot vers Colombo, des Hindous, comme l’avocat Soulka, ami de Gandhi, louent la France pour son esprit libre, opposé à l’empire britannique.
À Ceylan, Anne guide le narrateur dans la jungle d’Anuradjapura, un monde sans horizon peuplé de Veddas, d’éléphants et de léopards. Une « promenade des yeux » révèle la sauvagerie nocturne, tandis qu’un éléphant solitaire incarne une force divine. Anne révèle que Dagmar, sa sœur, aimait Fletcher, un Européen tyrannique incapable de comprendre son ingénuité asiatique. La jungle, entre vie et mort, enseigne l’humilité face à l’éternité. Le voyage s’achève sur une méditation : rien ne reste du rêve oriental, sauf une fatigue spirituelle. L’aube, mauve et or, symbolise une Asie patiente, tandis que l’Europe réapparaît, marquant le retour du narrateur vers le « pays des hommes ».