En Indochine
RÉSUMÉ DU LIVRE
Le livre retrace un vaste itinéraire à travers le Tonquin, l’Annam et le Laos, mêlant récit de voyage, descriptions géographiques et analyse coloniale. Des ports d’Annam et du Tonquin jusqu’aux villes intérieures comme Hanoy, Vinh, Luang-Prabang et Vien-Tiane, l’auteur décrit des paysages spectaculaires, des régions encore difficiles d’accès et des sociétés locales très diverses. Les villes apparaissent comme des pôles administratifs et commerciaux en formation, contrastant avec des campagnes densément peuplées ou, au contraire, des zones montagnardes isolées habitées par des populations indépendantes, souvent méfiantes envers l’autorité extérieure. Les monuments religieux, les traditions, les fêtes et les croyances occupent une place centrale, révélant l’importance du bouddhisme et du culte des ancêtres dans l’organisation sociale.
L’observation économique constitue un fil directeur essentiel. Les chapitres mettent en avant les charbonnages du Tonquin, les plantations agricoles, l’exploitation forestière, le commerce fluvial et les débuts de l’industrie minière et du thé en Annam. Ces initiatives reposent largement sur l’initiative privée des colons, présentée comme le véritable moteur du développement, face à une administration jugée lente, coûteuse et parfois mal organisée. Les difficultés de transport, les infrastructures inadaptées, les maladies, le manque de main-d’œuvre et les tensions politiques, notamment avec le Siam, freinent l’exploitation rationnelle des ressources pourtant abondantes.
Enfin, le bilan général est contrasté et critique. Malgré des potentialités naturelles considérables et l’énergie de certains entrepreneurs, les territoires parcourus souffrent d’un déséquilibre financier, d’un poids administratif et militaire excessif et d’un manque de cohérence dans les politiques d’aménagement. L’avenir de ces régions dépendrait d’une organisation progressive, d’infrastructures mieux pensées, d’un développement commercial réaliste et d’une adaptation aux réalités locales, sans quoi ces pays risqueraient de rester durablement sous-exploités malgré leurs richesses.