Le Cambodge administratif

RÉSUMÉ DU LIVRE
L’ouvrage est un manuel destiné aux fonctionnaires cambodgiens et aux candidats aux carrières administratives, ainsi qu’aux administrateurs français. Il ne rassemble pas les textes officiels, mais en explique l’esprit afin de donner une compréhension d’ensemble de l’organisation administrative, politique, judiciaire et financière du Cambodge sous le Protectorat français. Son objectif est de faciliter l’application des réformes et de former des agents capables de collaborer avec l’autorité royale dans le cadre fixé par la puissance protectrice. Le contexte est celui de l’Indochine française, constituée progressivement à partir du XIXe siècle par l’expansion et les traités français. Le Cambodge devient protectorat en 1863 afin de préserver son intégrité territoriale face aux pressions extérieures, tout en conservant la monarchie. L’Indochine est décrite comme un ensemble de pays aux institutions propres mais unifiés par des services communs, sous l’autorité du Gouverneur général, avec une administration hiérarchisée, des conseils consultatifs et un budget général alimenté surtout par les douanes et les régies. Le texte expose ensuite l’organisation politique du Cambodge, monarchie absolue placée sous le contrôle du Résident supérieur. Le roi conserve le pouvoir législatif et administratif, assisté d’un Conseil des ministres, tandis que la France assure la sécurité et la gestion financière. Des institutions consultatives, comme l’Assemblée consultative indigène, sont créées pour associer progressivement les élites cambodgiennes à la gestion des affaires publiques, sans leur conférer de pouvoir politique réel. L’administration territoriale repose sur des résidences dirigées par des Résidents français, chargés du maintien de l’ordre, de l’exécution des lois, de la perception des impôts et de certaines fonctions judiciaires. Phnom-Penh bénéficie d’un régime municipal particulier. À côté de l’administration française existe une administration indigène réformée au début des années 1920, avec une séparation nette entre fonctions administratives et judiciaires, une hiérarchie provinciale structurée et une autonomie communale limitée autour du khum, dirigé par un chef élu. Le système judiciaire distingue strictement les juridictions françaises et indigènes selon la qualité des justiciables, avec des exceptions liées à la nature des infractions. Les tribunaux français jugent les affaires impliquant des personnes soumises à la loi française et certaines matières réservées, tandis que la justice cambodgienne, réorganisée, traite les litiges entre Cambodgiens sous le contrôle du Protectorat. L’ensemble du dispositif vise à garantir l’ordre, l’unité de la jurisprudence et la séparation des pouvoirs. Une large place est consacrée aux services publics et économiques : police, gendarmerie, garde indigène, santé publique, travaux publics, agriculture, forêts et assistance médicale. La réglementation sanitaire, humaine et animale, vise à prévenir les épidémies et à protéger la population et le cheptel. L’administration encadre aussi la circulation, les transports fluviaux et automobiles, la navigation, ainsi que la délivrance de titres d’identité destinés à concilier liberté de déplacement et contrôle des personnes. Le texte décrit en détail le régime fiscal, fondé sur le principe de la contribution obligatoire aux charges publiques. Les impôts sont multiples et adaptés aux catégories de population : impôt personnel, prestations, patentes, impôts fonciers et agricoles, taxes sur les rizières, le poivre, les barques, la pêche, ainsi que des centièmes additionnels. Les modalités d’assiette, de perception, de contrôle et de sanction sont strictement réglementées, avec un rôle central des autorités locales sous la surveillance française. Enfin, le budget public est présenté comme l’instrument central de la gestion financière. Trois budgets coexistent : le budget général de l’Indochine, le budget local du Cambodge et le budget municipal de Phnom-Penh. Leur préparation, leur exécution et leur contrôle obéissent aux principes de la comptabilité publique française, avec séparation de l’ordonnateur et du comptable et contrôle par la Cour des Comptes. L’ensemble du système décrit une administration centralisée, réglementée et hiérarchisée, visant à assurer l’ordre, la stabilité et le développement économique du pays sous le Protectorat.