Le régime fiscal de l'Indochine

RÉSUMÉ DU LIVRE
Le texte retrace l’évolution financière et administrative de l’Indochine depuis les réformes de la fin du XIXᵉ siècle, en soulignant à la fois les résultats obtenus et leurs limites. Les réformes menées ont permis un redressement budgétaire apparent et le développement rapide des infrastructures, notamment ferroviaires, mais elles ont reposé sur des bases fragiles : fiscalité mal adaptée aux réalités locales, surestimation des capacités contributives de la population et recours massif à l’emprunt. La croissance des budgets et des recettes s’explique autant par des circonstances favorables que par une pression fiscale accrue, qui a progressivement suscité déséquilibres financiers et mécontentement. L’auteur montre que la situation financière est indissociable de la situation politique. L’application mécanique des modèles administratifs et fiscaux français, la centralisation excessive et l’affaiblissement des autorités traditionnelles ont accentué l’incompréhension entre l’administration et les populations indigènes. Les impôts directs, répartis au niveau communal, ont donné lieu à de nombreux abus, tandis que les impôts indirects, bien que rentables, ont mis l’administration française en contact direct avec les contribuables, alimentant hostilité, fraude et contrebande. Les grands monopoles fiscaux, notamment sur l’opium, l’alcool et le sel, ont assuré des recettes essentielles mais au prix de fortes tensions sociales et politiques. En conclusion, le texte estime que la fiscalité indochinoise n’est pas excessive dans son principe mais profondément injuste et maladroite dans son application. Il appelle à des réformes profondes : simplification administrative, réduction des dépenses, respect des principes du Protectorat, meilleure adaptation aux usages locaux et priorité donnée à l’agriculture et aux besoins essentiels des populations rurales. La stabilité financière durable de l’Indochine ne peut être assurée, selon l’auteur, que par un apaisement politique, une administration plus modeste et une mise en valeur progressive et réaliste des ressources du pays.