Le Buddhisme au Cambodge

RÉSUMÉ DU LIVRE
Ce livre se présente comme une enquête sur le bouddhisme tel qu’il est vécu par le peuple cambodgien, fondée sur l’observation directe, les entretiens et une longue familiarité avec les mœurs, les lois et les croyances locales. L’auteur ne cherche ni à exposer une doctrine abstraite ni à écrire une histoire institutionnelle, mais à comprendre la conscience religieuse réelle des masses, leur morale, leurs pratiques et leur vision du monde. Il insiste sur la nécessité de distinguer, dans toute religion, le noyau moral et spirituel essentiel des éléments secondaires, mythiques ou hérités du passé, qui peuvent obscurcir la doctrine sans en détruire la valeur profonde. Le bouddhisme est ainsi présenté comme une religion de responsabilité morale, fondée sur le karma, la compassion et le renoncement, dont l’efficacité repose sur une sanction immédiate et omniprésente des actes. L’ouvrage retrace ensuite l’introduction et la progression du bouddhisme au Cambodge, depuis une présence marginale attestée dès le VIIe siècle jusqu’à son triomphe officiel au début du XIVe siècle. Longtemps concurrencé par le brahmanisme, religion officielle des rois, le bouddhisme s’impose progressivement par l’enseignement, les villes et la société, d’abord sous une forme fortement imprégnée de civaïsme et proche de l’Église du Nord, avant d’être remplacé par le bouddhisme de l’Église du Sud fondé sur le canon pâli. Cette évolution lente, marquée par le syncrétisme, les compromis politiques et une révolution dynastique, explique la physionomie particulière du bouddhisme cambodgien, à la fois ancien, populaire et profondément enraciné dans la vie sociale. Enfin, le livre expose les grandes conceptions religieuses et morales qui structurent la société cambodgienne : la cosmologie des mondes, des enfers et des renaissances, l’ontologie fondée sur les éléments de l’être, la figure du Buddha et de ses disciples, la doctrine de l’âme, de la transmigration et du karma. Il décrit en détail le culte, les fêtes, la Sangha, l’architecture religieuse et surtout l’éthique bouddhique, faite de charité universelle, de douceur, de pardon et de discipline morale. Le bouddhisme est montré comme une force de transformation sociale progressive, ayant adouci les lois, amélioré la condition des esclaves, renforcé la moralité familiale et proposé un idéal exigeant de gouvernement et de vertu, tout en donnant à la famille et à l’amour filial une justification spirituelle fondée sur la loi des mérites et des renaissances.