Cambodge. Le roi, la famille royale et les femmes du palais
RÉSUMÉ DU LIVRE
L’auteur oppose la disparition des anciennes cours européennes, emportées par la Révolution et l’évolution des mœurs, à la survivance de cours asiatiques encore fortement hiérarchisées, notamment au Cambodge. Il se propose d’étudier de l’intérieur la cour cambodgienne : la famille royale, l’organisation du palais et la hiérarchie minutieuse des titres. Contrairement à l’idée d’un despotisme sans limites, le roi est présenté comme étroitement contraint par les rites, les coutumes et la crainte religieuse, ce qui tempère son pouvoir jusque dans sa vie familiale et domestique, à un degré parfois plus strict que celui des monarchies européennes.
Le texte expose ensuite l’organisation de la royauté cambodgienne : titres multiples du roi, existence ancienne d’un vice-roi et d’un sous-roi héritier, rôle central de la reine-mère dont le rang dépend de son origine, et hiérarchie très codifiée des épouses. Trois reines principales sont suivies de catégories d’épouses et de concubines classées selon leur origine sociale et le type d’union, depuis les princesses de sang royal jusqu’aux femmes de condition modeste intégrées au service du palais. Cette structure montre que l’origine prime sur la légitimité formelle : une concubine de haut rang peut dépasser une épouse légitime d’origine inférieure.
Enfin, les enfants et descendants du roi sont strictement classés d’après le rang de leur mère, et non selon l’ordre de naissance : sémidach, préas réach, réach, préas, puis botr et botrey, avec de nombreuses subdivisions. La bâtardise ne déclasse pas autant que l’origine maternelle. Les mêmes principes s’appliquent aux enfants du vice-roi, du sous-roi et aux familles princières, avec des titres adaptés selon la fonction du père. L’ensemble dessine une société de cour extrêmement réglementée, où chaque lien familial, chaque mariage et chaque naissance est encadré par une nomenclature précise et immuable.