Recherches sur la législation cambodgienne

RÉSUMÉ DU LIVRE
L’auteur veut faire connaître le peuple khmer à travers son histoire et surtout son droit privé, en rappelant sa grandeur passée et les traces laissées par les monuments, les traditions et les textes. Il insiste sur le fait que, malgré le déclin politique et territorial, le souvenir de l’ancienne puissance demeure, et que la compréhension des lois, des coutumes et de l’organisation sociale permettrait de mieux saisir le caractère de ce peuple et les conditions possibles de son relèvement. Il décrit une société hiérarchisée en huit classes de personnes libres : d’abord les castes privilégiées (famille royale, Préa-vongsa, Bakous), puis le peuple proprement dit (libres, mandarins, bonzes), enfin les étrangers et les sauvages, exclus du corps cambodgien. La famille royale, très nombreuse, est exemptée d’impôts et de corvées et reste disponible pour servir le roi, tandis que les Préa-vongsa conservent des privilèges et une discipline interne sans pouvoir prétendre au trône. Les Bakous, d’origine brahmanique, disposent de privilèges très anciens, jouent un rôle rituel central et peuvent être choisis comme rois en cas d’extinction de la dynastie. Les libres forment la masse des sujets : ils n’ont aucune part au gouvernement dans une monarchie absolue, mais disposent notamment d’un droit d’accès à la terre, contrepartie d’obligations lourdes (dîme, capitation, corvée et service militaire). Leur dépendance est renforcée par l’institution du patronat, qui impose à chacun de se placer sous la protection d’un mandarin chargé de l’encadrer fiscalement et administrativement, et censé aussi l’assister en justice. Bien que la loi exige que l’arrestation et le jugement se fassent en présence ou avec l’avis du patron, l’auteur constate que la pratique s’en éloigne, signe d’une institution en décadence, devenue surtout un simple rouage administratif.